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Togo: Le chiffre « 7 », la dimension spirituelle d'une lutte démocratique


Togo: Le chiffre « 7 », la dimension spirituelle d'une lutte démocratique

Dans l'histoire sociopolitique du Togo, le double coup d'état du général Eyadéma le 13 janvier 1963 et le 13 janvier 1967, a beaucoup marqué les esprits jusqu'au décès du général président. La date du 13 janvier alors célébrée par le régime comme une fête nationale, était considérée par la plupart des togolais comme une provocation emplie de cynisme, car disent-ils, on ne peut célébrer la date anniversaire d'un assassinat politique. Mais outre le chiffre 13, le « 7 » a également une certaine emprise sur le processus de démocratisation au Togo. L'on serait même tenté de parler d'une dimension spirituelle de la lutte politique.
L'histoire politique du Togo retient le 5 octobre 1990 comme le point de départ de la difficile marche du peuple togolais vers la démocratie. Nonobstant les pressions qu'il a subies, le général Eyadéma, réfractaire à l'alternance et au changement tant souhaités par le peuple, n'a donc pas pu construire une démocratie véritable avant sa mort le 5 février 2005. Coïncidence ou effet surnaturel des choses, le 5 octobre 1990 et le 5 février 2005 marquent à l'analyse, les mystères qui entourent la politique togolaise.

Pour preuve, la somme de cinq et deux, (5+2) qui sont la date et le mois de la disparition du général Eyadéma, donne le chiffre « 7 ». Quant à 2005, l'année du décès, il faut noter que la somme de 2005, c'est-à-dire, (20+05), donne 25, puis (2+5) consacre le fameux chiffre « 7 ».
Aussi convient-il de souligner que le repère historique du 5 octobre 1990 constitue aussi tout un mystère. 5 octobre 1990, soit 5/10/1990. La somme de 5, 10 et 1990, c'est-à-dire (5+10+1990) donne 2005, soit l'année où le général Eyadéma est mort. Et comme 2005 renvoie à (20+05) qui est égal à 25, puis (2+5) qui équivaut à « 7 », l'on remarque que le mystérieux chiffre « 7 » est encore bien observé.

Il faut rappeler que la lutte pour l'alternance et le changement a véritablement impacté l'histoire du Togo en 1991 avec la Conférence nationale souveraine des forces vives de la Nation qui a débouché sur une transition démocratique, finalement chaotique. Sept (7) ans plus tard, c'est-à-dire en 1998, la réélection contestée du général Eyadema à la tête de l'Etat, a ravivé les flammes de la lutte démocratique. De 1998 à 2005, il a fallu attendre sept (7) ans avant que le Togo ne revive des mouvements populaires dus à la contestation de Faure Gnassingbé comme nouveau président du Togo après la mort de son père. Celui-ci ne retrouvera sa légitimité que grâce à l'Accord Politique Global signé par des forces vives de la Nation. Eyadéma a sauvé son pouvoir après la signature de l'Accord Cadre de Lomé. Faure Gnassingbé a sauvé le sien grâce à l'Accord Politique Global. « Les accords sauvent bien le régime Gnassingbé », concluent certains togolais.

Après 2005, le peuple togolais est rentré dans une période d'hibernation pendant « 7 » ans avant le grand réveil de 2012 avec le CST, Collectif Sauvons le Togo. La place Déckon a failli être le symbole de la révolution populaire, du changement et de la libération nationale. « On a vu que depuis 91 que le peuple togolais est sorti, depuis 98 que le peuple togolais est sorti, depuis 2005 que le peuple togolais est sorti, depuis 2012 que le peuple togolais est sorti, donc des sortis par cycle de 7 ans, aujourd'hui, nous sommes en 2017, c'est-à-dire à deux années de la dernière grande manifestation populaire, eh bien, les togolais sont aujourd'hui encore déterminés à adresser un message fort, un message très clair, un message très précis à leur chef d'Etat », analysait en septembre 2017, Nathaniel Erasmus Olympio, le Président du Parti des Togolais.

Aujourd'hui, vu les réalités sociopolitiques au Togo, un pays plongé dans une grave crise du fait d'une colère indicible d'une majeure partie de la population contre le régime en place, les dieux ont-ils décidé de changer le cours des choses ? Ont-ils voulu écourter le septennat des grands mouvements politiques afin de hâter l'alternance politique au Togo ? La question reste posée. 

Qu'à cela ne tienne, s'il existe des chiffres plus secrets et plus énigmatiques que d'autres : c'est bien le chiffre 7.
Dans l'ensemble des récits mythologiques, le chiffre « 7 » évoque dans la majorité des cas, tout un mystère. Pour les Égyptiens, par exemple, le chiffre « 7 » symbolisait la vie éternelle. Chez les grecs, la lettre « Z » qui est, par sa forme, un double de « 7 », (soit formant un 7 à l'endroit et l'autre à l'envers, « Z »), il fallait bien observer que dans le dieu « Zeus », le dieu du ciel et de la destinée, l'on note le double de « 7 » qui forme à l'endroit comme à l'envers, la lettre « Z ». Or, le double de « 7 » donne 14, soit les 14 partis de l'opposition qui ont formé la grande coalition contre le régime Faure Gnassingbé.
La cerise sur le gâteau, la coalition des 14 partis de l'opposition organise une grande marche de protestation le samedi prochain, 13 janvier 2018, soit le 13/01/2018. La somme de 13, 01 et 2018, (13+1+2018) donne 2032. Ensuite (20+32), donne 52, et (5+2) est égal à « 7 ». 
Si la coïncidence devrait être répétitive, il y a longtemps qu'elle cesserait de susciter autant de curiosité. Le chiffre « 13 » a quasiment marqué tous les grands évènements au temps du général Eyadema si bien que des Togolais en croyaient à un chiffre fétiche pour le régime. Aujourd'hui, le mystère se concentre sur le chiffre « 7 ». Peut-être que les jours à venir, édifieront davantage.

Sylvestre BENI

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