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Football : Adébayor ou la triste fin d’une fleur aux mille épines


Football : Adébayor ou la triste fin d’une fleur aux mille épines

« Il faut savoir quitter les choses avant qu’elles ne vous quittent ». Beaucoup maitrise cette formule passe partout au point même que l’énoncé devient presque inutile pour la plupart des gens qui pensent que cette maxime doit être une règle de conduite pour tout individu qui connait une ascension dans la vie. La porte de sortie doit être également réfléchie. Seulement, s’agissant du bientôt ex-capitaine des Eperviers du Togo, Emmanuel Adébayor, l’on aurait préféré une autre formule : les conséquences corrigent mieux que les conseils. L’expérience a été faite le dimanche dernier.

Le choc a été terrible, une chute brutale. Cette défaite a été lourdement ressentie par un public sportif qui à l’entame du match, croyait encore dur comme fer au miracle des Éperviers. Non, les jours se suivent, mais semblent se ressembler pour les Eperviers du Togo. Ils sont désormais loin les belles époques, ces moments de gloire, et pour les Eperviers du Togo et pour le public sportif togolais en 2006. C’est en fait l’année de l’apogée du football togolais. Il a depuis amorcé son déclin, sa descente aux enfers. Et l’un des derniers éléments de crise encore en activité et qui symbolise le naufrage du football togolais, reste indubitablement Emmanuel Shéyi Adébayor.

Sur la « pelouse pourrie » du Stade omnisports de Lomé, selon Adébayor, ce dernier a donc menacé de ne plus jouer pour le Togo sur cette pelouse. Mettant sa menace en exécution, bien que présent à Lomé puisque convoqué par le sélectionneur français Claude Le Roy contre les Scorpions de la Gambie en match-aller, l’attaquant togolais d’Istanbul Basaksehir a refusé de chausser les crampons pour jouer le match. Logique, il ne fera non plus le déplacement de la Gambie pour le match retour. Curieusement, l’homme se ravise contre les Fennecs d’Algérie sur la même pelouse à Lomé. Transparent tout le long du match jusqu’à sa sortie en fin de la 2 mi-temps, le score est aussi cruel que la sale soirée passée par l’ex-chouchou des Togolais, Adébayor qui a subi des jets de projectiles à la fin de la rencontre perdue par les Eperviers 1 contre 4 pour les Fennecs. C’est sans nul doute, les prémisses d’une retraite internationale pour le natif de Kodjoviakopé.

Qu’à cela ne tienne, c’est bien le moment de rappeler les casseroles de l’homme en sélection. Chouchou du grand public en 2006, année de sa révélation au monde sportif, Emmanuel Shéyi Adébayor avait craqué 23 buts lors de l’aventure, la première d’ailleurs, qui a conduit le Togo à une phase finale de la coupe du monde en Allemagne. Aussitôt, il a pris la grosse tête. Ses écarts de conduite vis-à-vis du seul sélectionneur africain, le Nigérian, feu Stephen Keshi qui a qualifié le Togo pour le mondial ; les incartades répétées d’Emmanuel Adébayor ont conduit au limogeage de Keshi après la catastrophique CAN de 2006. Un bienfait mal récompensé ! Avec l’allemand Otto Pfister à la manette comme sélectionneur de l'équipe nationale du Togo, au mondial de 2006, les « 23 clown de Wagen », selon les titres des confrères européens, rappelaient la fronde menée par les Eperviers lors de ce mondial, menaçant de boycotter les rencontres de la coupe du monde sans avoir perçu de l’argent frais et liquide avant toute chose. Emmanuel Adébayor faisait partie, sinon la locomotive de ces « 23 clown de Wagen ». Puis, il a eu des problèmes avec quasiment tous les Présidents de la fédération togolaise de football qui se sont succédé, Rock Gnassingbé, Tata Adaglo Avlessi de Mass, Gabriel Améyi, etc. Il a eu aussi des problèmes avec quasiment tous les sélectionneurs qui sont passés par le Togo. Stephen Keshi, Henry Stambouli, Jean Thissen, Tom Saintfield, Didier Six pour ne citer que ceux-là, ils ont tous fustigé l’indiscipline notoire de l’attaquant des Eperviers du Togo qui toujours défiait l’autorité de ces sélectionneurs. Adébayor, c’est aussi celui aime trop se « starifier » en sélection au point même de créer des frustrations et faire des ennemis en équipe nationale. On se rappelle de ses accrochages avec Thomas Dossevi et de ses rififis avec Nibombé Daré.

En dehors du terrain, Emmanuel Adébayor ne fait pas bonne presse. « Le linge sale se lave en famille, » dit-on. Mais l’ancien attaquant d’Arsenal ne semble pas connaître ce proverbe. Ses fréquentes incursions en politique, soutenant le pouvoir en place depuis des années, a sonné le glas de l’inimitié entre lui et une majeure partie du peuple togolais.

Au demeurant, au bilan, Emmanuel Shéyi Adébayor a plus fait de mal au football togolais que de bien. L’histoire retiendra tout sur son passage et en témoignera au besoin.

Xavier AGBEVE

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