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Décès d’un détenu PNP : la psychose gagne à nouveau du terrain


Décès d’un détenu PNP : la psychose gagne à nouveau du terrain

De l’inquiétude, l’affaire connue sous le nom de « Tiger revolution » (tigre révolution), devient une préoccupation première pour le Parti National Panafricain (PNP), et pour cause ! Le parti de l’opposant togolais, Tikpi Atchadam, manifestait depuis quelques jours, ses appréhensions par rapport au traitement réservé à ses militants arrêtés et écroués dans le cadre de cette affaire et dont les échos concordent à une mort en série quasi programmée. Aujourd’hui, ses appréhensions se confirment par le décès d’un des détenus de « Tiger revolution » en prison.  

Arrêtés entre fin 2019 et début 2020, plusieurs militants du PNP désignés sous le vocable de « Tiger revolution » par les autorités sécuritaires du pays, ont été emprisonnés au motif qu’ils préparaient une révolution armée visant à déstabiliser les institutions de la République du Togo.

Accusés par le Directeur Général de la Police nationale, le Lieutenant-Colonel Yaovi Okpaoul, de détention « des armes de guerre comme les AK47, des armes de fabrication artisanale et des armes blanches d’une extrême dangerosité », ces individus qui sont au nombre de 67, d’après nos informations, jeunes pour la plupart, croupissent depuis plusieurs mois dans des geôles du Togo. Si la presse a souvent alerté sur leurs conditions de détention exécrables, ce qui déteint sur leur état de santé, devenu très fragile, c’est le PNP, leur parti politique qui, dans un récent communiqué tentait d’ameuter l’opinion sur le sort de ses militants.

Signé par Dr Kossi Sama, le Secrétaire national du parti, ledit communiqué souligne que le PNP est préoccupé par le traitement infligé aux personnes arrêtées dans l’affaire dénommée « Tiger revolution » qui, aux yeux des premiers responsables du Parti National Panafricain (PNP), n’est qu’un « montage » ourdi du régime togolais. « … des informations concordantes, persistantes, crédibles et alarmantes nous parviennent que les détenus politiques sont en danger de mort, une mort en série inévitable presque programmée et déclarée au sein de ces compatriotes femmes et hommes détenus arbitrairement par une pratique extrajudiciaire », écrivait le parti de l’opposant, Tikpi Atchadam, lui-même contraint depuis trois années à l’exil. Ainsi, quelques jours après ce communiqué, soit le jeudi dernier, 26 novembre 2020, l’on apprend le décès en détention du sieur Djima Saïbou, l’un des accusés dans l’affaire « Tiger revolution ». Un carnet noir qui selon plusieurs sources, porte à neuf (09), le nombre total de personnes qui ont péri parmi les « fameux Tiger ». « Leur groupe (Djima Saïbou, ndlr) a été arrêté au péage de Tsévié dans un bus de 15 places et gardé au camp GP plus de 6 mois et quand ils ont vu que leur état de santé s'aggravait, ils étaient obligés de les déférer à la prison civile de Lomé́ et cest de là d'autres ont commencé́ à rendre l'âme », renseigne une personne sous couvert d’anonymat.

Ce nouveau décès dans le rang des militants et sympathisants du PNP, vient en rajouter à la psychose observée depuis le 19 août 2017, ce jour où à l’initiative du parti de Tikpi Atchadam, le régime cinquantenaire togolais a failli enfin tomber après une révolte populaire, digne d’une révolution à la burkinabé.

Depuis lors, des arrestations arbitraires et des exécutions sommaires sont fréquentes au sein de ce parti, contraignant des jeunes du PNP à prendre le maquis ou vivre dans une peur panique. Ils sont bien nombreux, Essoazina Samssoudine Chekaro, Gbati Kossivi, Koussikpor K. Mensanvi, Akou-Edi Mehiwa, Bansa Koffi Emèko, Motcheroko Bassarou, Agbokou Komlan Edem, Salifou Moussillim, Akondo Moukaila, etc. à se fondre dans la nature, parfois sans que leur famille n’ait aucun signe de vie. Car, dans cette situation, si certains, comme Kérim Safianou, Takpara Gouni Mohamed, Ouro-Koura Salissou, Djobo Moukaïla, ont eu la chance de revenir après plusieurs mois passés derrière les barreaux, d’autres sont malheureusement portés disparus : Rachad Agrigna Mama, Seidou Moussa, Séidou N'tchirifou Bawa, Yaya Samari, Moutaka Akondo Naboudjo… (liste issue du rapport 2017 de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme, LTDH).

Au demeurant, après le décès de Djima Saïbou, après l’assassinat du colonel Bitala Madjoulba, après les dernières arrestations de deux cadres de l’opposition, notamment madame Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, Secrétaire Général de la CDPA, Coordinatrice Générale de la Dynamique Mgr Kpodzro (DMK), et M. Gérard Dodzi Djossou, cadre du MPDD, président de la Commission des affaires sociales en charge des droits de l’Homme au sein de la DMK, après ce regain de répression et de cynisme politique, c’est sans nul doute que la jeunesse militante de l’opposition est à nouveau sous pression, et cherchera à se soustraire de cet environnement politique hostile à la liberté d’expression, à la liberté d’association et à la paix.

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