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Contre corruption: Novissi, rendez noms et comptes publics


Contre corruption: Novissi, rendez noms et comptes publics

Décidé par le chef de l’État togolais Faure Essozimna Gnassingbé en guise de soutien financier aux couches vulnérables lors du décret instaurant l’état d’urgence sanitaire, le programme d’aide NOVISSI a été mis en veilleuse il y a quelques jours suite à l’assouplissement de cet état d’urgence, surtout, la levée de plusieurs restrictions de libertés dont le couvre-feu. Aujourd’hui, avec la promesse des autorités togolaises de le rouvrir selon l’évolution de la pandémie dans les différents milieux du pays et, dans l’optique de mieux maîtriser tous les contours relatifs à la gestion des fonds alloués à la phase 1 du programme NOVISSI pour nourrir la transparence, il y a nécessité que tout soit rendu clair et public.

« Le programme avait pour objectif de soutenir les Togolais qui ont perdu leur revenu à cause des mesures barrières, surtout ceux qui mènent des activités génératrices de revenus avec l’imposition du couvre-feu. Avec la levée de certaines mesures, notamment le couvre-feu, le blocage des villes, il est normal de mettre fin à NOVISSI qui était destiné à soutenir ces ménages qui n’avaient plus de revenus ».

C’est en ces termes que Mme Katanga Mazalo, Directrice générale de l’agence nationale d’appui au développement à la base (ANADEB), a mis un terme au programme NOVISSI. Ainsi, en dépit de multiples cafouillages observés au lancement de ce programme le 08 avril 2020, Mme Katanga a su avec le temps, de concert avec toute son équipe, conduire le navire à quai.

L’aventure si périlleuse et coûteuse, a absorbé en deux (02) mois, des millions de nos francs sur un budget de 11 milliards 314 millions 281 mille 875 FCFA, décaissé par le gouvernement togolais. Au total, 566 567 Togolais en ont été bénéficiaires, à raison de 12 250 FCFA pour les femmes et 10 500 FCFA pour les hommes. Tous les bénéficiaires ont eu 4 tranches chacun. Le programme d’aide financière NOVISSI, d’après la direction de pilotage, a aussi contribué à soutenir d’autres personnes issues des couches vulnérables par des kits alimentaires de première nécessité. A en croire la responsable de l’ANADEB, plusieurs réflexions sont en cours au niveau de l’exécutif togolais pour voir quels types d’actions mener afin de continuer à soutenir les populations, surtout les couches les plus vulnérables. Pour confirmer les déclarations de Mme Katanga Mazalo, le gouvernement togolais soutenait la semaine dernière que le programme NOVISSI pourrait être réactivé en fonction de l’évolution de la pandémie dans les différentes contrées du pays puisque le couvre-feu serait susceptible de refaire surface dans ces contrées où le virus ferait rage.

« Tout est bien qui finit bien », dit-on souvent. Alors, avant de penser reprendre le programme NOVISSI au besoin, ou asseoir des programmes similaires, il est d’une importance capitale et pour l’exécutif togolais et pour le peuple souverain qui lui donne mandat d’agir en son nom, de maîtriser tous les contours de la première expérience de ce programme d’aide, en termes de gestion des fonds et de leur traçabilité si l’on veut éviter de parler de transparence. En réalité, il s’agit d’un esprit de veille économique pour rassurer l’opinion nationale, voire internationale de la gestion saine des fonds alloués par le gouvernement togolais et que jamais, les vilains mots de détournement et de corruption qui courent les rues au Togo, ne seront cette fois-ci collés à ce difficile programme de NOVISSI piloté par la Direction générale de l’ANADEB.

Dans cet esprit, il s’avère nécessaire, voire indispensable que la liste de tous les Togolais bénéficiaires du programme NOVISSI soit affichée ainsi que les sommes perçues afin de permettre à tous de se faire une idée claire de la gestion dudit programme. De toute façon, les bénéficiaires de NOVISSI s’affichent sans souci au moment où ils faisaient la queue devant les kiosques de transfert monétaire pour percevoir leur aide et donc, ce serait inutile que quidam tente de vouloir faire croire à l’opinion que le gouvernement a le devoir de protéger l’identité de ces personnes-là. Ce faisant, ce serait un faux-fuyant. D’ailleurs, il n’y a aucune honte, aucune, d’être déclaré bénéficiaire d’un programme d’aide financière de son gouvernement. Beaucoup ont voulu, mais ils n’ont pas pu, parce que déclarés non éligibles. Par contre, à travers l’affichage de l’identité de tous les bénéficiaires dudit programme, peut-être que le pot aux roses sera découvert. Qui sait ? Cette liste peut éventuellement comporter les noms des personnes décédées ou des gens qui jamais, n’ont touché à une seule tranche de NOVISSI jusqu’à sa suspension. Aussi sur cette liste peut-elle figurer l’identité d’une seule personne qui a pris plusieurs fois NOVISSI, car ayant ou détenant plusieurs cartes d’électeur, seul document demandé dans l’enregistrement des bénéficiaires.

Alors, des commentaires et des plaintes après consultation de la liste par les populations, l’on peut avoir une idée de ceux qui ont perçu indument l’argent des couches vulnérables, à l’instar des quatre (04) arnaqueurs appréhendés par la police le 08 juin dernier. Donc l’affichage des bénéficiaires, peut nourrir d’autres pistes d’enquête aux Forces de sécurité afin d’arrêter d’autres malhonnêtes au sein de la République, histoire de débarrasser le pays des esprits véreux. Aussi cela pourrait-elle contribuer à l’assainissement du fichier ou de la base de données NOVISSI et ainsi éviter à ce que certains individus ne profitent des failles du système pour s’en mettre plein les poches. Alors, que les autorités togolaises réfléchissent suffisamment sur la question avant de lancer tout autre programme d’aide financière aux couches vulnérables. A défaut, ce sont "les saprophytes", ces prévaricateurs endurcis qui comme toujours, se réjouiront de toute initiative financière lancée par le gouvernement, puisqu’ils se tailleront la part du loup. Aussi faut-il rappeler la règle d’or de la bonne gouvernance qui voudrait qu’après chaque exercice financier, que le bilan soit dressé et les comptes audités au besoin. L’Etat togolais gagnerait à s’y conformer le plus vite possible. Car, les crimes économiques et ses dérivés, constituent un gros danger, un véritable frein au développement de toute nation qui veut se hisser au concert des grandes puissances économiques mondiales.  

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