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Christian Trimua : « John Bri » à Lomé, pétard mouillé à Genève


Christian Trimua : « John Bri » à Lomé, pétard mouillé à Genève

Le 26 juillet dernier à Genève en Suisse, le passage du Togo devant le CAT, Comité contre la Torture pour la présentation du 3è rapport périodique sur la mise en œuvre de la convention contre la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, a révélé la petitesse de certains représentants togolais devant les experts du CAT. Parmi ceux-ci, y figure le chef de la délégation togolaise, M. Christian Trimua, Ministre des Droits de l’Homme et des Relations avec les Institutions de la République.

Tout feu, toute flamme dans le gouvernement de Faure Gnassingbé, impulsif ou épidermique, Christian Trimua, le Ministre de la « grande gueule » et des grands débats, celui-là même qui, il y a quelques mois, invitait l’opposition à prendre les armes si elle veut arriver au pouvoir, eh bien, devant les experts du CAT, surtout du virevoltant, Sébastien Touzé, le Ministre Trimua ou le « John Bri » togolais, a perdu son latin et suait à grosses gouttes lors du passage de la délégation togolaise, ont rapporté des confrères qui ont fait le déplacement de Genève.

Après la présentation du rapport du Togo devant le CAT le vendredi 26 juillet et, du fait des inquiétudes et des questions des experts du CAT sur le rapport, le Ministre Trimua était obligé de demander une suspension de la phase des réponses aux questions le vendredi pour revenir répondre le lundi.

D’ici-là, analyse un autre confrère, sûrement que des renforts ont été sollicités depuis Lomé et ils ont probablement rallié Genève le weekend. « Parce que lundi, c’est un panel formé par le Ministre Trimua qui s’est présenté devant le comité des experts du CAT pour répondre aux questions. Christian Trimua donnait l’expression de n’avoir pas la maîtrise de certains sujets, » expliquait le confrère avant de souligner le cafouillage de la délégation togolaise sur des questions pièges : « Comment expliquez-vous qu’au sein de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), sept (07) soient des agents de l’Etat ? », ont demandé en substance les experts du CAT surpris par une telle composition de la CNDH qui remettrait en cause son indépendance. En regardant longtemps sur une feuille sous ses yeux, un membre du panel Trimua a pris la parole et dit : « En fait, c’est 06 et non 07 agents de l’Etat ». Une réponse qui devait provoquer du fou rire de l’assistance et confirmer les inquiétudes du CAT.

Autre question : « Comment comprendre que des agents du Service central de recherche et d’investigation criminelle soient retrouvés sur les lieux de manifestation de l’opposition ». En réalité, ils ne sont pas investis d’une telle mission, a répondu la délégation togolaise. Alors que font ces agents sur le terrain des manifestations pacifiques publiques ? Aussi se rappelle-t-on de la réplique de M. Sébastien Touzé, expert du CAT au Ministre Christina Trimua. « Depuis 2015, il n’y a pas eu de plaintes pour torture au Togo, » jure le Ministre togolais. Non, répond Sébastien Touzé : « Il y a eu 16 plaintes en 2018 pour torture devant la justice. Quel traitement ont été fait de ces plaintes ? ».

S’agissant de la prison civile de Lomé, un des experts a clairement dit : « ce qui se passe à la prison civile de Lomé s’apparente à de la torture » et un autre d’ajouter « il faut fermer la prison de Lomé ». En tentant de dire que la surpopulation carcérale s’explique par l'insécurité galopante au Togo, le Ministre Trimua a été arrêté dans sa diversion par Mme Belmir en ces termes : « L’insécurité ne justifie pas les lenteurs judiciaires ».

En clair, sur le sol togolais, les responsables du pouvoir public se prennent pour des demi-dieux, pour des Tarzans, des John Bri, mais une fois qu’ils rencontrent « garçon » à l’extérieur du pays, ils découvrent leur limite, leur terminus. Quand le tonitruant Christian Trimua devient petit à Genève, il doit alors comprendre que leur petit show au Togo ne peut, en aucun cas, traverser les frontières. Le monde ne s’arrête pas aux portes du Togo. Il importe que ceux qui sont à la tête de l’État togolais posent des actes dignes dont les fruits sont inestimables et universels.

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